En bref
Dernier roi Bourbon de France dont les politiques ultra-royalistes et les tentatives de restaurer la monarchie absolue menèrent à la Révolution de Juillet 1830 et à la fin de la branche aînée des Bourbons.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Né Charles Philippe le 9 octobre 1757, fils cadet du Dauphin Louis Ferdinand et de Marie-Josèphe de Saxe. Il était le petit-fils de Louis XV et le frère des futurs Louis XVI et Louis XVIII. Il reçut le titre de comte d'Artois et grandit dans la splendeur de Versailles.
Charles épousa la princesse Marie-Thérèse de Savoie. Le mariage produisit quatre enfants, dont le duc d'Angoulême et le duc de Berry. Contrairement à son mariage politique, Charles était connu pour ses nombreuses liaisons à la cour, contribuant à sa réputation d'extravagance.
À la mort de Louis XV, le frère aîné de Charles devint le roi Louis XVI. En tant que comte d'Artois, Charles devint une figure de premier plan à la cour, connu pour son charme, son élégance et ses dépenses somptueuses. Il devint le centre de la faction hédoniste de la cour.
Seulement deux jours après la prise de la Bastille, le 16 juillet 1789, Charles devint le premier prince du sang à émigrer. Il s'enfuit à Turin avec sa famille, commençant ce qui allait devenir 25 ans d'exil. Sa fuite précoce lui vaudrait le leadership de la cause émigrée.
Charles joua un rôle clé dans l'obtention de la Déclaration de Pillnitz, dans laquelle l'Autriche et la Prusse menaçaient d'intervenir en France. Bien que largement un bluff, elle durcit l'opinion révolutionnaire contre la monarchie et contribua à la dérive vers la guerre et le régicide.
Louis XVI fut guillotiné le 21 janvier 1793. Charles, en exil, pleura son frère et devint encore plus déterminé à restaurer la monarchie. Il refusa tout compromis avec les principes révolutionnaires, une position qui définirait toute sa carrière politique.
Charles soutint la malheureuse expédition de Quiberon, où des forces émigrées débarquèrent en Bretagne pour soutenir un soulèvement royaliste. L'expédition se termina en désastre, avec des centaines d'émigrés capturés et exécutés. L'échec démontra la difficulté de restaurer la monarchie par la force.
Après des années à errer entre diverses cours européennes, Charles s'établit en Grande-Bretagne, où il resterait jusqu'en 1814. Il vécut au Palais de Holyrood à Édimbourg puis à Londres, maintenant la cour émigrée et ses principes ultra-royalistes tandis que Napoléon dominait l'Europe.
Après la première abdication de Napoléon, Charles revint en France avant son frère Louis XVIII. Il représentait la faction ultra-royaliste qui cherchait à renverser les changements de la Révolution. Sa prééminence signalait la tension continue entre royalisme modéré et extrême.
Le fils cadet de Charles, le duc de Berry, fut assassiné par un fanatique bonapartiste le 13 février 1820. La tragédie dévasta Charles et renforça l'influence ultra-royaliste. La naissance ultérieure de l'« enfant du miracle » Henri préserva la ligne directe de succession.
À la mort de Louis XVIII le 16 septembre 1824, Charles devint Roi de France à 66 ans. Contrairement à son frère pragmatique, Charles était déterminé à restaurer l'autorité royale et à réduire l'influence des libéraux et de la Charte. Son règne s'avérerait bref et désastreux.
Charles X fut sacré à la Cathédrale de Reims le 29 mai 1825, lors du dernier sacre traditionnel français. La cérémonie médiévale élaborée, incluant l'onction avec l'huile sainte, mettait l'accent sur la monarchie de droit divin. Beaucoup la jugèrent dangereusement déconnectée de la France moderne.
Charles fit passer des lois controversées incluant la Loi sur le Sacrilège (punissant de mort la profanation d'églises) et l'indemnisation des émigrés ayant perdu leurs biens pendant la Révolution. Ces mesures aliénèrent les modérés et révélèrent son agenda réactionnaire.
Après que la Garde Nationale eut montré des sympathies libérales lors d'une revue royale, Charles dissolut cette force. Cela élimina un contrôle potentiel sur le pouvoir royal mais aussi un tampon entre la couronne et la population parisienne qui s'avérerait critique en 1830.
En août 1829, Charles nomma l'ultra-royaliste Prince de Polignac comme ministre principal, malgré la majorité libérale à la Chambre. Polignac était largement détesté pour ses opinions réactionnaires. La nomination signalait la détermination de Charles à gouverner sans soutien parlementaire.
En juin-juillet 1830, les forces françaises conquirent Alger, commençant la présence coloniale de la France en Afrique du Nord. Charles espérait que la victoire militaire augmenterait sa popularité, mais elle arriva trop tard pour sauver son trône et fut éclipsée par la crise intérieure.
Le 25 juillet 1830, Charles émit les Quatre Ordonnances dissolvant la Chambre nouvellement élue, restreignant la liberté de la presse, réduisant l'électorat et convoquant de nouvelles élections. Ces mesures, visant à écraser l'opposition libérale, déclenchèrent au contraire la révolution.
Du 27 au 29 juillet 1830, Paris se souleva contre les ordonnances. Trois jours de combats de rue ('Les Trois Glorieuses') renversèrent la monarchie bourbonienne. Charles, à Saint-Cloud, sous-estima fatalement le soulèvement jusqu'à ce qu'il soit trop tard pour transiger ou résister.
Le 2 août 1830, Charles X abdiqua en faveur de son petit-fils Henri, mais la Chambre offrit le trône à Louis-Philippe d'Orléans. Charles s'exila, d'abord en Grande-Bretagne, puis à Prague, et finalement à Gorizia dans l'Empire d'Autriche.
Charles X mourut du choléra le 6 novembre 1836 à Gorizia (aujourd'hui en Italie). Il passa ses dernières années en exil, n'abandonnant jamais sa croyance en la monarchie absolue. Il fut enterré au monastère franciscain de Kostanjevica, où d'autres Bourbons exilés le rejoindraient plus tard.
