En bref
On ne naît pas femme, on le devient. Féministe existentialiste.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Simone de Beauvoir naquit dans une famille bourgeoise parisienne. Son père Georges était secrétaire juridique avec des ambitions littéraires, tandis que sa mère Françoise était une catholique fervente. Le déclin de la fortune familiale après la Première Guerre mondiale façonna profondément son rejet des valeurs bourgeoises.
Beauvoir rencontra Élisabeth Lacoin, surnommée 'Zaza', à l'école catholique du Cours Désir. Leur amitié intense devint centrale dans le développement émotionnel de Beauvoir. La mort tragique de Zaza en 1929 d'une encéphalite—que Beauvoir attribua à son éducation bourgeoise répressive—la hanta toute sa vie.
Après des années de catholicisme fervent inculqué par sa mère, Beauvoir connut une crise de foi et devint athée. Cette libération intellectuelle lui permit de remettre en question toutes les idées reçues et la morale conventionnelle, préparant le terrain pour sa philosophie existentialiste.
Beauvoir s'inscrivit à la Sorbonne pour étudier la philosophie, les mathématiques et la littérature. Déterminée à atteindre l'indépendance intellectuelle et financière par l'enseignement, elle excella académiquement et forma des amitiés durables avec ses camarades de philosophie.
En préparant l'agrégation, Beauvoir rencontra Jean-Paul Sartre par des amis communs. Leur connexion intellectuelle fut immédiate et profonde. Elle réussit l'agrégation à 21 ans—la plus jeune de l'histoire—se classant deuxième derrière Sartre, commençant leur légendaire partenariat de cinquante ans.
Beauvoir commença à enseigner la philosophie dans un lycée de Marseille, loin de Sartre à Paris. Malgré la séparation douloureuse, elle embrassa son indépendance, explora la région méditerranéenne et commença sérieusement à écrire de la fiction. Elle s'installa ensuite à Rouen, puis Paris.
Beauvoir publia son premier roman, explorant la jalousie et la conscience à travers un récit romancé de sa relation avec Sartre et Olga Kosakiewicz. Écrit pendant l'occupation allemande, il l'établit comme une voix littéraire sérieuse et explora les thèmes de la liberté et de la mauvaise foi.
Beauvoir devint éditrice fondatrice des Temps Modernes, la revue existentialiste créée avec Sartre. La revue devint une plateforme pour la littérature engagée et l'engagement politique, traitant du colonialisme, du communisme et de la justice sociale tout au long de la Guerre froide.
Pendant une tournée de conférences en Amérique, Beauvoir rencontra l'écrivain de Chicago Nelson Algren. Leur liaison passionnée, menée de part et d'autre de l'Atlantique, dura des années et affecta profondément les deux. Beauvoir appela plus tard Algren le seul amour véritablement passionné de sa vie.
Beauvoir publia son analyse révolutionnaire de l'oppression des femmes, affirmant 'On ne naît pas femme, on le devient.' Le Vatican le plaça à l'Index des livres interdits, mais il devint le texte fondateur du féminisme de la deuxième vague, transformant la façon dont les femmes comprenaient leur situation.
Beauvoir remporta le prix littéraire le plus prestigieux de France pour 'Les Mandarins', un vaste roman dépeignant les intellectuels parisiens d'après-guerre aux prises avec l'engagement politique. Le livre s'inspirait largement de ses relations avec Sartre et Algren et examinait les dilemmes des intellectuels engagés.
Beauvoir publia le premier volume de son autobiographie, chroniquant brillamment son enfance bourgeoise, son éveil intellectuel et son amitié avec Zaza. L'examen honnête de la formation d'une femme dans ce mémoire devint un modèle pour l'autobiographie féministe.
Beauvoir signa la 'Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie', soutenant les objecteurs de conscience et l'indépendance algérienne. Le manifeste lui valut des menaces de mort et le harcèlement policier mais démontra son engagement dans la lutte anticoloniale.
Beauvoir publia son mémoire poignant sur la mort de sa mère d'un cancer, examinant leur relation complexe et le traitement des mourants par l'institution médicale. L'œuvre fut pionnière dans la discussion honnête de la mortalité et influença le discours sur l'éthique médicale.
Beauvoir soutint activement le soulèvement étudiant et ouvrier qui paralysa la France. Elle manifesta, signa des manifestes et défendit les manifestants arrêtés. Ces événements la radicalisèrent davantage, la poussant vers un militantisme féministe plus direct.
Beauvoir s'impliqua activement dans l'organisation féministe, cofondant le Mouvement de Libération des Femmes (MLF). En 1971, elle signa le 'Manifeste des 343'—des femmes déclarant avoir eu des avortements illégaux—risquant des poursuites pour faire avancer les droits reproductifs.
Jean-Paul Sartre mourut après des années de santé déclinante. Beauvoir l'avait soigné durant ses dernières années et écrivit 'La Cérémonie des adieux', un récit controversé mais émouvant de sa dernière décennie. Cinquante mille personnes suivirent son cortège funèbre à travers Paris.
Simone de Beauvoir mourut d'une pneumonie à Paris et fut enterrée aux côtés de Sartre au cimetière du Montparnasse. Son héritage en tant que mère du féminisme de la deuxième vague perdure, et 'Le Deuxième Sexe' reste une lecture essentielle pour comprendre le genre, la liberté et la libération des femmes.