En bref
« Survivant du massacre, fondateur d'un empire » : Surgit des ruines pour bâtir l'Émirat de Cordoue.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Abd al-Rahman ibn Muawiya est né prince omeyyade à Damas, petit-fils du calife Hisham ibn Abd al-Malik par sa mère, faisant de lui un membre de la dynastie régnante du monde islamique.
En tant que prince omeyyade, le jeune Abd al-Rahman reçut une éducation complète en littérature arabe, sciences islamiques, tactiques militaires et gouvernance à la cour califale.
Lorsque les Abbassides renversèrent les Omeyyades et massacrèrent la famille royale lors d'un banquet, le jeune Abd al-Rahman échappa de justesse à la mort, commençant sa vie de prince fugitif.
Pendant sa fuite, Abd al-Rahman fut témoin de la capture et de l'exécution de son jeune frère par des soldats abbassides alors qu'ils tentaient de traverser l'Euphrate à la nage.
Abd al-Rahman passa des années en fugitif, traversant l'Afrique du Nord par l'Égypte, la Libye, la Tunisie et le Maroc, constamment traqué par des agents abbassides tout en cherchant refuge parmi les tribus berbères.
Abd al-Rahman trouva refuge parmi les Berbères Nafza, la tribu de sa mère au Maroc, où il passa plusieurs années à construire son soutien et planifier son avenir.
Abd al-Rahman débarqua sur la côte d'Al-Andalus (Espagne), où des loyalistes omeyyades, des vétérans de l'armée syrienne et les parents berbères de sa mère offrirent un soutien crucial pour sa quête du pouvoir.
Abd al-Rahman vainquit le gouverneur régnant Yusuf al-Fihri à la bataille d'Alameda près de Cordoue, entrant dans la ville en triomphe sous les acclamations des partisans omeyyades.
Abd al-Rahman Ier se proclama émir, fondant l'émirat omeyyade de Cordoue et rompant définitivement avec le califat abbasside de Bagdad, créant un État islamique indépendant en Ibérie.
Abd al-Rahman écrasa une rébellion majeure menée par des partisans de l'ancien gouverneur, démontrant ses prouesses militaires et consolidant le contrôle de son nouvel émirat.
Abd al-Rahman vainquit une armée envoyée par le calife abbasside al-Mansur, qui espérait reconquérir Al-Andalus. L'émir envoya la tête du chef rebelle conservée dans le sel à Bagdad en guise d'avertissement.
Abd al-Rahman commença la construction de la Grande Mosquée de Cordoue sur le site d'une église wisigothique, qui deviendrait l'un des monuments architecturaux les plus magnifiques de l'Islam.
L'émir réorganisa le gouvernement d'Al-Andalus, créant une bureaucratie efficace basée sur le modèle de Damas mais adaptée aux conditions ibériques, assurant une gouvernance stable.
Abd al-Rahman construisit le palais de Rusafa, nommé d'après le domaine syrien de son grand-père, l'entourant de jardins avec des plantes apportées de Syrie pour lui rappeler sa patrie perdue.
Abd al-Rahman résista à l'invasion franque menée par Charlemagne, qui s'était allié à des gouverneurs musulmans rebelles. La campagne se termina par la retraite de Charlemagne et le légendaire désastre de Roncevaux.
La première phase majeure de la Grande Mosquée de Cordoue fut achevée, établissant les colonnes à double arc distinctives qui définiraient l'architecture andalouse.
Abd al-Rahman développa des liens diplomatiques avec l'Empire byzantin, la Francia carolingienne et les États nord-africains, établissant Al-Andalus comme une puissance méditerranéenne majeure.
Abd al-Rahman Ier mourut après un règne de 32 ans, s'étant transformé d'un fugitif traqué en fondateur d'un État islamique indépendant qui prospérerait pendant des siècles et deviendrait un phare de civilisation dans l'Europe médiévale.