En bref
Poète et critique romantique visionnaire dont l’imagination foisonnante a marqué la littérature anglaise par son génie lyrique, sa réflexion philosophique et ses expérimentations audacieuses.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Né à Ottery St Mary, fils du révérend John Coleridge, vicaire et maître d’école, et d’Ann Bowdon. Le cadre rural du Devon et la bibliothèque de son père nourrissent très tôt son goût de la lecture et des récits classiques.
Après la mort du révérend John Coleridge, la stabilité familiale vacille et Samuel se sent brusquement déraciné. Cette perte renforce son tempérament intérieur et le pousse vers les livres, la rêverie et une ambitieuse autoformation.
Envoyé à Christ’s Hospital, école de charité londonienne, où une discipline stricte contraste avec sa vie imaginative. Il y noue des amitiés durables et affine son latin et sa rhétorique au cœur des courants intellectuels de la ville.
Inscrit au Jesus College de Cambridge, il participe à des débats sur la religion, la politique et la poésie en pleine effervescence révolutionnaire. Il lit énormément, écrit ses premiers vers et lutte contre des difficultés financières et une discipline irrégulière.
En pleine crise, il s’engage sous une identité d’emprunt dans le 15e régiment de dragons légers, cherchant à fuir dettes et désespoir. Des amis interviennent et il est libéré, épisode qui alimentera plus tard sa propre légende.
Dans les cercles d’Oxford et de Bristol, il rencontre Robert Southey ; ensemble, ils projettent une « pantisocratie », communauté en Amérique fondée sur des idéaux égalitaires. Le plan s’effondre face aux réalités, mais révèle ses espérances radicales.
Il épouse Sara Fricker, belle-sœur de Southey, liant sa vie personnelle au milieu dissident et réformateur de Bristol. Le mariage se révèle difficile, mais lui assure un foyer tandis que ses ambitions littéraires s’accélèrent.
Il publie ses premiers recueils et tente le journalisme politique avec The Watchman, parcourant les routes pour recruter des abonnés. Malgré des conférences pleines d’énergie, le journal échoue rapidement et lui apprend durement les réalités du lectorat et du mécénat.
Installé près de Nether Stowey, il noue une amitié créatrice intense avec William et Dorothy Wordsworth. Leurs marches et conversations nocturnes affinent un programme romantique commun, centré sur la nature, la psychologie et le langage poétique.
Avec Wordsworth, il publie Les Ballades lyriques, incluant La Complainte du vieux marin, qui surprend par son récit surnaturel et sa diction simple. Le volume devient un jalon, transformant le goût poétique et les débats critiques.
Il se rend en Allemagne, suit des cours à Göttingen et s’imprègne de la pensée kantienne et post-kantienne. L’érudition allemande élargit sa théorie de l’imagination et nourrira plus tard son mélange singulier de poésie, théologie et critique.
De retour en Angleterre, il s’établit à Keswick, dans le Lake District, près du foyer des Wordsworth. Les douleurs chroniques et la dépendance au laudanum s’aggravent, compliquant la vie familiale et fissurant l’idéal d’une harmonie poétique rurale.
Cherchant un climat favorable à sa santé et un but, il part pour Malte et devient secrétaire public par intérim auprès de Sir Alexander Ball. Le poste l’initie à l’administration impériale et à la politique méditerranéenne, tandis que dépendance et épuisement persistent.
De retour en Angleterre, il passe d’un ami ou mécène à l’autre, de plus en plus séparé de Sara et des responsabilités domestiques. Son lien avec les Wordsworth se délite à mesure que sa santé et sa fiabilité se dégradent sous l’emprise de l’opium.
Il prononce des conférences renommées sur Shakespeare, Milton et les principes de l’art dramatique, captivant le public par une brillante improvisation. La série contribue à l’établir comme grand critique, même si sa préparation et sa constance vacillent.
Il s’installe chez le docteur James Gillman, qui tente d’encadrer son usage de l’opium par des routines structurées et des soins. Highgate devient une base stable où il reçoit des visiteurs, converse intensément et retrouve une production plus régulière.
Il publie Biographia Literaria, mêlant autobiographie, théorie de l’imagination et analyses incisives de la poétique de Wordsworth. La même période voit paraître les éditions influentes de 1817 de La Complainte du vieux marin et de Feuilles sibyllines.
À Highgate, il devient un conversationnaliste magnétique pour penseurs et écrivains, dont Thomas De Quincey, puis de jeunes admirateurs du romantisme. Ses échanges vont de la théologie à la politique et façonnent durablement des réputations au-delà de l’imprimé.
Il meurt sous les soins des Gillman, laissant un héritage partagé entre des réussites éblouissantes et une dépendance tourmentée. Des éditions posthumes et des mémoires consolident sa place de grand poète romantique et de critique moderne fondateur.
