En bref
Sœur et rivale de Pierre le Grand. Gouverna la Russie jusqu'à ce qu'il l'enferme.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Sophie Alexeïevna naquit le 27 septembre 1657, troisième fille du tsar Alexis Ier et de sa première épouse Marie Miloslavskaïa. Elle fut élevée dans le terem du Kremlin, les appartements réservés aux femmes de la cour.
En tant que membre de la dynastie Romanov, Sophie reçut le titre de grande-duchesse. Contrairement à la plupart des princesses russes de son époque, elle allait plus tard rompre avec la réclusion traditionnelle attendue des femmes royales.
Sophie commença à recevoir une éducation exceptionnellement complète pour une princesse russe, étudiant le latin, le polonais, la philosophie et la théologie sous la direction du savant Siméon Polotski. Cette éducation allait plus tard rendre possibles ses ambitions politiques.
Le demi-frère de Sophie, Pierre, naquit de la seconde épouse du tsar Alexis, Natalia Narychkina. Cet événement créa une rivalité dynastique entre les clans Miloslavski et Narychkine qui allait définir la carrière politique de Sophie.
Le tsar Alexis Ier mourut, et le frère maladif de Sophie, Fédor III, accéda au trône. Durant son bref règne, Sophie commença à sortir du terem et à s'impliquer dans la politique de cour, un acte sans précédent pour une princesse moscovite.
Après la mort de Fédor III, Sophie manœuvra pour se faire nommer régente de ses frères Ivan V et du jeune Pierre Ier. Elle devint la première femme à gouverner la Russie depuis Olga de Kiev au Xe siècle, contrôlant effectivement le gouvernement.
Sophie manipula habilement le soulèvement militaire des Streltsy pour éliminer ses rivaux politiques et sécuriser sa position de régente. Elle démontra un remarquable sens politique en tournant la crise à son avantage.
Sophie fonda à Moscou le premier établissement d'enseignement supérieur de Russie, l'Académie slavo-gréco-latine. Cela marqua une étape significative vers la modernisation de l'éducation russe et l'introduction du savoir occidental dans le pays.
Le gouvernement de Sophie développa activement les relations commerciales et les liens diplomatiques de la Russie avec l'Europe occidentale. Elle chercha à moderniser la Russie tout en maintenant ses traditions orthodoxes, un équilibre qui s'avéra difficile.
Sophie forma une alliance étroite avec le prince Vassili Golitsyne, qui devint son premier ministre et, selon la rumeur, son amant. Golitsyne partageait sa vision de réformes à l'occidentale et géra la politique étrangère durant sa régence.
Le gouvernement de Sophie signa le traité de paix éternelle avec la Pologne, unissant définitivement l'Ukraine de la rive gauche à la Russie. Ce triomphe diplomatique sécurisa la frontière occidentale de la Russie et mit fin à des décennies de conflit.
Sophie lança une campagne militaire contre le khanat de Crimée pour honorer les obligations du traité avec la Pologne. Dirigée par Golitsyne, la campagne échoua à atteindre ses objectifs en raison de problèmes logistiques et de conditions difficiles.
Les tentatives d'arranger un mariage entre Sophie et un prince étranger échouèrent, en partie à cause des restrictions de l'Église orthodoxe concernant les femmes royales. Rester célibataire renforça en fait sa position de régente plutôt que d'épouse.
Une seconde campagne de Crimée se solda également par un échec, endommageant le prestige de Sophie et enhardissant ses opposants. Les revers militaires affaiblirent sa position politique alors que Pierre atteignait la majorité.
Lorsque Pierre atteignit dix-sept ans et se maria, il s'attaqua aux partisans de Sophie. Après une confrontation tendue, Sophie fut dépouillée du pouvoir et Pierre prit le contrôle du gouvernement, mettant fin à ses sept années de régence.
Sophie fut contrainte de prendre le voile et d'entrer au couvent de Novodievitchi à Moscou sous le nom religieux de Suzanne. Bien qu'initialement autorisée à conserver quelques privilèges, son enfermement était une forme d'emprisonnement politique.
Lorsque les Streltsy se révoltèrent à nouveau en 1698, Pierre accusa Sophie d'y être impliquée. Bien que les preuves fussent minces, Pierre utilisa cela comme prétexte pour la forcer à prononcer ses vœux monastiques définitifs, mettant fin à tout espoir de retour politique.
Sophie Alexeïevna mourut le 14 juillet 1704, toujours prisonnière au couvent de Novodievitchi. Malgré sa chute, elle est reconnue comme une dirigeante intelligente et capable qui défia brièvement la politique russe dominée par les hommes.