En bref
Marathonien canadien amputé d’une jambe dont la traversée du pays a transformé la collecte de fonds contre le cancer et inspiré une solidarité nationale durable.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Né de Rolly et Betty Fox, il grandit dans un foyer uni où l’on valorisait la persévérance et le service à la communauté. Ses premières années en Colombie-Britannique ont façonné une résilience pragmatique et proche de la nature qu’il a conservée à l’âge adulte.
La famille Fox s’établit à Port Coquitlam, où il fréquente les écoles locales et s’investit rapidement dans les sports d’équipe. Ce déménagement l’ancre dans une communauté solidaire qui se mobilisera ensuite fortement pour ses objectifs de collecte de fonds.
Il s’entraîne avec acharnement pour gagner sa place dans les équipes de basketball de l’école, restant souvent après les cours pour travailler sa technique et sa condition physique. Entraîneurs et camarades remarquent son obstination au travail, un trait qui définira plus tard sa mission publique.
Après de fortes douleurs au genou, les médecins diagnostiquent un ostéosarcome et entament un traitement urgent, dans le contexte des soins contre le cancer des années 1970. La nouvelle bouleverse ses projets et le met en contact avec d’autres patients dont les épreuves nourrissent son empathie.
Les chirurgiens amputent sa jambe droite pour empêcher la propagation du cancer, et il apprend à s’adapter à une prothèse pendant sa convalescence. Il voit d’autres patients endurer la chimiothérapie et se promet de se battre pour de meilleurs financements de la recherche et pour l’espoir.
Pendant la rééducation, il s’exerce à marcher puis à courir avec une prothèse, développant une foulée particulière faite de bonds réguliers. L’effort physique devient une discipline quotidienne, transformant la douleur et la frustration en un plan d’action concret.
Il étudie la kinésiologie à l’Université Simon Fraser, où les cours approfondissent sa compréhension de l’entraînement et de l’endurance. La vie sur le campus élargit aussi son réseau, l’aidant à imaginer une collecte de fonds à l’échelle nationale.
Inspiré par les récits d’autres athlètes amputés et par les besoins observés dans les services hospitaliers, il propose une course d’un océan à l’autre. Il vise à récolter un dollar par Canadien, présentant la mission comme à la fois personnelle et nationale.
Il plonge sa jambe artificielle dans l’océan Atlantique et commence à courir vers l’ouest, donnant le coup d’envoi à ce qu’il appelle la Marche de l’espoir. Les premiers jours sont solitaires et glacials, mais il maintient un objectif quotidien strict malgré une faible couverture médiatique.
En traversant Terre-Neuve, de petites villes organisent des petits-déjeuners, des boîtes de dons et des encouragements au bord de la route, ce qui soutient son moral et la collecte. Cette générosité grandissante confirme sa conviction que des Canadiens ordinaires porteraient la cause ensemble.
Les longues portions d’autoroute au Québec l’éprouvent, entre barrières linguistiques, circulation et fatigue liée aux distances quotidiennes. Des organisateurs communautaires et des bénévoles aident à coordonner les événements, augmentant progressivement les dons à mesure que l’attention médiatique s’améliore.
En Ontario, les foules grossissent et les diffuseurs nationaux commencent à raconter son histoire, faisant de la course un récit partagé par tout le pays. Le soutien des responsables civiques et des écoliers aide à transformer les dons spontanés en collecte structurée.
Il est accueilli par le premier ministre Pierre Trudeau, signe que la Marche de l’espoir est devenue une cause nationale. Cette rencontre amplifie la sensibilisation aux besoins de la recherche et encourage commanditaires et municipalités à contribuer.
Le Canada l’honore comme Compagnon de l’Ordre du Canada, reconnaissant un service et un courage exceptionnels. Cette distinction renforce la confiance du public dans la campagne, élargissant la participation des institutions, des entreprises et des familles.
Après des douleurs thoraciques persistantes et un épuisement croissant, les médecins constatent que le cancer s’est propagé à ses poumons, l’obligeant à cesser de courir. Il met fin à son effort près de Thunder Bay, promettant de reprendre si sa santé le permet et appelant les autres à poursuivre.
Un téléthon à l’échelle du Canada rassemble célébrités, diffuseurs et bénévoles pour lever des fonds en son nom au profit de la recherche contre le cancer. L’événement démontre l’ampleur de l’engagement populaire, transformant sa course inachevée en mouvement durable.
Des communautés organisent la première Course Terry Fox, offrant une manière récurrente aux gens ordinaires de participer directement à la mission. L’événement annuel contribue à institutionnaliser son message et à financer la recherche bien au-delà de sa vie.
Il meurt après des mois de soins intensifs, et le pays pleure un symbole de détermination et de générosité. Les hommages de familles, d’écoles et de responsables publics soulignent comment son exemple a transformé la philanthropie et l’identité canadiennes.
