En bref
Le boucher des Balkans. Lhomme fort serbe mort à La Haye.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Slobodan Milošević naquit à Požarevac, en Serbie, pendant l'occupation de la Yougoslavie par l'Axe. Ses deux parents étaient enseignants, originaires du Monténégro. Son enfance fut marquée par les turbulences de la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences.
Après la Seconde Guerre mondiale, Milošević grandit dans la Yougoslavie communiste de Tito. Le mariage de ses parents était difficile, et tous deux se suicidèrent par la suite. Ces tragédies familiales façonnèrent sa personnalité méfiante et sur ses gardes.
Au lycée, Milošević rencontra Mirjana Marković, qui deviendrait sa compagne de toujours et sa confidente politique. Leur relation, commencée à l'adolescence, influencerait profondément sa carrière politique et ses décisions.
Milošević adhéra à la Ligue des communistes de Yougoslavie tout en étudiant le droit à l'Université de Belgrade. Il devint actif dans la politique du parti, commençant son ascension dans l'appareil communiste.
Milošević obtint son diplôme de la Faculté de droit de l'Université de Belgrade et épousa Mirjana Marković. Il commença à travailler dans l'administration économique gouvernementale, acquérant une expérience qui s'avérerait précieuse plus tard.
Milošević devint directeur de Beobanka, l'une des plus grandes banques de Yougoslavie. Cette position lui donna des connexions importantes dans les sphères économique et politique, l'établissant comme une figure montante dans la structure du pouvoir à Belgrade.
Milošević fut nommé chef du Comité de la ville de Belgrade de la Ligue des communistes. Cette position marqua son entrée dans la haute politique et lui donna une plateforme pour construire sa base de pouvoir.
Avec le soutien de son mentor Ivan Stambolić, Milošević devint président de la Ligue des communistes de Serbie. Il contrôlait maintenant le parti au pouvoir en Serbie et commença à se positionner comme leader nationaliste serbe.
À Kosovo Polje, Milošević dit aux Serbes agités 'Personne ne devrait oser vous battre.' Ce moment, diffusé à la télévision, le transforma en héros nationaliste et marqua son virage du communisme vers le nationalisme serbe.
Milošević devint Président de Serbie après avoir orchestré des changements constitutionnels. Il révoqua l'autonomie du Kosovo et prononça un discours enflammé au 600e anniversaire de la bataille du Kosovo, attisant les tensions ethniques à travers la Yougoslavie.
Quand la Slovénie et la Croatie déclarèrent leur indépendance, la guerre éclata. Milošević soutint les forces serbes en Croatie puis en Bosnie, poursuivant la création d'une 'Grande Serbie.' Les conflits entraînèrent un nettoyage ethnique massif et des crimes de guerre.
Milošević devint président de la République fédérale de Yougoslavie résiduelle (Serbie et Monténégro). Les sanctions internationales isolèrent le pays tandis que la guerre de Bosnie s'intensifiait avec le siège de Sarajevo.
Milošević signa les accords de Dayton, mettant fin à la guerre de Bosnie. Paradoxalement, l'architecte de la guerre devint le faiseur de paix. L'accord restaura temporairement sa stature internationale mais laissa des tensions non résolues au Kosovo.
Limité par les mandats comme président serbe, Milošević devint président de la République fédérale de Yougoslavie. Des protestations massives avaient défié son règne, mais il maintint le pouvoir par la manipulation des institutions étatiques.
Les forces serbes lancèrent une campagne brutale contre les insurgés albanais du Kosovo, entraînant des déplacements massifs et des atrocités. La communauté internationale exigea la fin des violences alors que les preuves de nettoyage ethnique apparaissaient.
L'OTAN lança une campagne de bombardement de 78 jours contre la Yougoslavie. Pendant le bombardement, Milošević fut inculpé de crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie—le premier chef d'État en exercice ainsi inculpé.
Après avoir perdu des élections contestées face à Vojislav Koštunica, Milošević refusa de concéder. Le 5 octobre 2000, des centaines de milliers de Serbes prirent d'assaut le parlement, et l'armée refusa d'intervenir. La 'Révolution du bulldozer' mit fin à son règne.
Milošević mourut dans sa cellule au Tribunal pénal international, officiellement d'une crise cardiaque. Son procès pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre avait duré quatre ans sans aboutir à un verdict, privant ses victimes de conclusion.