En bref
« La terre au peuple ! » Les réformes du tribun allumèrent la division de Rome.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Tiberius Sempronius Gracchus naquit dans l'une des familles les plus distinguées de Rome. Son père avait été consul deux fois et sa mère Cornélie était fille de Scipion l'Africain, vainqueur d'Hannibal.
Le jeune Tiberius reçut une excellente éducation grecque, étudiant la rhétorique, la philosophie et la littérature. Sa mère Cornélie supervisa personnellement son éducation, assurant l'accès aux meilleurs maîtres.
Son père Tiberius Gracchus l'Ancien mourut, laissant Cornélie élever seule leurs enfants. Elle refusa de se remarier, appelant ses enfants ses bijoux, et se consacra à leur éducation.
Tiberius rejoignit la campagne contre Carthage sous son cousin par alliance, Scipion Émilien. Il se distingua lors du siège et aurait été le premier à escalader les murs de Carthage.
Tiberius fut présent lors de la destruction finale de Carthage, une expérience formatrice qui montra la puissance militaire de Rome. La ville fut rasée et son territoire devint la province d'Afrique.
Tiberius fut élu au prestigieux collège des augures, responsable d'interpréter la volonté divine. Cette charge religieuse démontrait son rang parmi l'élite romaine malgré sa jeunesse.
Tiberius épousa Claudia, le liant à la puissante famille des Claudii. Son beau-père Appius Claudius Pulcher deviendrait un soutien crucial de son programme de réformes.
Tiberius servit comme questeur sous le consul Gaius Hostilius Mancinus dans la désastreuse guerre de Numance. L'armée romaine fut encerclée et risquait l'anéantissement par les Numantins.
Tiberius négocia personnellement un traité avec les Numantins, sauvant l'armée romaine piégée. Les Numantins lui firent confiance car son père avait traité équitablement les tribus espagnoles des décennies plus tôt.
Le Sénat rejeta le traité et livra Mancinus aux Numantins. Bien que Tiberius fût épargné de ce sort, l'action du Sénat l'humilia publiquement et planta les graines du ressentiment.
En voyageant vers l'Espagne, Tiberius observa comment les riches propriétaires avaient remplacé les petits fermiers par du travail esclave. La vue de citoyens romains sans terre travaillant comme ouvriers l'émut profondément.
Tiberius fut élu tribun, gagnant le pouvoir de proposer des lois et d'opposer son veto aux actes qu'il jugeait nuisibles à la plèbe. Il commença immédiatement à planifier son programme révolutionnaire de réforme agraire.
Tiberius proposa de redistribuer aux citoyens sans terre les terres publiques excédant cinq cents jugères par personne. La loi défiait directement l'élite riche qui avait illégalement occupé de vastes terres publiques.
Quand le tribun Marcus Octavius opposa son veto à la réforme, Tiberius prit la mesure révolutionnaire de le faire destituer par vote. Cela brisa le précédent constitutionnel et alarma les conservateurs.
Après la destitution d'Octavius, la Lex Sempronia Agraria fut adoptée. Une commission agraire comprenant Tiberius, son frère Gaius et son beau-père Appius Claudius commença à redistribuer les terres aux pauvres.
Quand le roi Attale III de Pergame légua son royaume à Rome, Tiberius proposa d'utiliser le trésor pour financer les nouveaux fermiers. Cela irrita davantage les sénateurs qui contrôlaient les affaires étrangères.
Craignant des représailles une fois son immunité terminée, Tiberius chercha une réélection sans précédent comme tribun. Cela violait la coutume et convainquit ses ennemis qu'il cherchait un pouvoir permanent ou la royauté.
Pendant l'élection, une foule menée par le grand pontife Scipion Nasica attaqua Tiberius et ses partisans. Il fut battu à mort avec des pieds de chaise, le premier meurtre politique à Rome depuis près de quatre siècles.