En bref
« Amazing Grace » — Wilberforce : Mit fin à la traite des esclaves et à lesclavage britanniques.
Sujets de conversation
Parcours de vie
William Wilberforce naquit le 24 août 1759 dans une riche famille de marchands à Hull. Son père Robert était un commerçant prospère et son grand-père avait été deux fois maire de Hull. La fortune familiale provenait du commerce baltique. C'était un enfant maladif avec une mauvaise vue, mais il montrait déjà des promesses intellectuelles.
Le père de Wilberforce mourut quand il avait huit ans et il fut envoyé vivre chez son oncle et sa tante à Wimbledon, Londres. Sa tante Hannah était méthodiste et lui fit découvrir le christianisme évangélique, mais sa mère, craignant l'enthousiasme religieux, le ramena à Hull. Cette exposition précoce à la foi évangélique resurgirait plus tard.
Wilberforce fréquenta Hull Grammar School où il reçut une éducation classique. Malgré sa petite taille et sa santé fragile, il était connu pour sa disposition joyeuse et sa remarquable capacité oratoire. Ses professeurs reconnurent son éloquence naturelle, qui lui servirait plus tard au Parlement.
Wilberforce entra à St. John's College, Cambridge, comme étudiant gentilhomme. Déjà riche de son héritage, il vivait de façon extravagante et se concentrait plus sur la vie sociale que sur les études. Il devint ami avec William Pitt le Jeune, une amitié qui façonnerait la politique britannique. Son charme et son esprit le rendirent populaire.
À seulement 21 ans, Wilberforce fut élu au Parlement représentant sa ville natale Hull. Il dépensa 8 000 livres de sa fortune personnelle pour la campagne. Son premier discours impressionna l'auditoire et son talent oratoire naturel l'établit rapidement comme l'un des orateurs les plus éloquents de la Chambre des communes.
Wilberforce remporta l'élection pour représenter le Yorkshire, l'une des circonscriptions les plus prestigieuses et exigeantes d'Angleterre. Cette victoire, obtenue à grands frais, démontra son influence politique et sa popularité. Les électeurs indépendants du Yorkshire lui donnèrent une tribune pour poursuivre des causes sans pression partisane.
Lors d'un voyage en Europe avec Isaac Milner, Wilberforce connut une profonde conversion spirituelle au christianisme évangélique. Il envisagea de quitter la politique pour le ministère, mais fut persuadé par John Newton, ancien négrier devenu auteur d'hymnes, de rester au Parlement pour y servir Dieu. Cette conversion définit le but de sa vie.
Wilberforce écrivit dans son journal : 'Dieu tout-puissant a placé devant moi deux grands objectifs : la suppression de la traite des esclaves et la réforme des mœurs.' Il rejoignit Thomas Clarkson et la Société pour l'abolition de la traite des esclaves. Le Premier ministre Pitt l'encouragea à défendre l'abolition au Parlement.
Wilberforce prononça son premier grand discours contre la traite des esclaves à la Chambre des communes, parlant pendant trois heures et demie. Il présenta des preuves détaillées des horreurs du commerce, déclarant : 'Vous pouvez choisir de détourner le regard, mais vous ne pourrez plus jamais dire que vous ne saviez pas.' Le discours électrisa le Parlement.
Le premier projet de loi d'abolition de Wilberforce fut rejeté par 163 voix contre 88. Le puissant lobby des Indes occidentales, les craintes concernant la France révolutionnaire et les arguments économiques contre l'abolition constituaient des obstacles redoutables. Malgré cette défaite dévastatrice, Wilberforce jura de continuer le combat.
Wilberforce obtint une victoire partielle quand le Parlement adopta une loi interdisant aux sujets britanniques de fournir des esclaves aux territoires étrangers. Bien que limitée, cela montrait que la marée tournait lentement. Les guerres révolutionnaires françaises compliquaient la campagne abolitionniste car les critiques liaient la réforme au radicalisme dangereux.
Après une brève cour de huit jours seulement, Wilberforce épousa Barbara Ann Spooner. Malgré les inquiétudes de ses amis concernant cette union hâtive, le mariage s'avéra heureux et durable. Barbara soutint son travail avec dévouement et ils eurent six enfants ensemble. La vie familiale lui offrait un répit des batailles politiques.
Wilberforce publia 'A Practical View of the Prevailing Religious System', un livre appelant les chrétiens de nom à une foi authentique. Ce fut un best-seller avec cinq éditions en six mois. Le livre influença la réforme morale de la société britannique et contribua à lancer le réveil évangélique qui transforma l'Angleterre victorienne.
Après vingt ans de campagne, le Parlement adopta enfin la loi d'abolition de la traite des esclaves, rendant illégal le commerce d'esclaves dans tout l'Empire britannique. Le vote fut écrasant : 283 contre 16. Les députés se levèrent pour rendre hommage à Wilberforce, qui restait assis, les larmes coulant sur son visage.
La santé déjà fragile de Wilberforce se détériora davantage, le forçant à recourir de plus en plus à l'opium pour soulager la douleur. Il déménagea sa famille dans une maison à Kensington Gore pour être plus près du Parlement. Malgré ses maux, il continua à militer pour l'émancipation complète des personnes asservies.
Sa mauvaise santé força Wilberforce à démissionner de son siège du Yorkshire, bien qu'il continua brièvement comme député de Bramber. Il quitta finalement le Parlement en 1825 mais resta actif dans la cause anti-esclavagiste. Il passa la direction du mouvement abolitionniste à Thomas Fowell Buxton tout en continuant à plaider de l'extérieur.
Wilberforce publia son 'Appel à la religion, à la justice et à l'humanité des habitants de l'Empire britannique en faveur des esclaves nègres', exhortant à l'abolition complète de l'esclavage lui-même, pas seulement du commerce. Il aida à fonder la Société pour l'atténuation et l'abolition graduelle de l'esclavage, connue comme la Société anti-esclavagiste.
Wilberforce mourut le 29 juillet 1833, trois jours seulement après avoir appris que la loi d'abolition de l'esclavage serait adoptée par le Parlement, libérant 800 000 personnes asservies dans tout l'Empire britannique. Il fut enterré à l'abbaye de Westminster près de son ami William Pitt. Sa campagne de quarante-six ans pour l'abolition reste l'un des plus grands accomplissements moraux de l'histoire.