En bref
Architecte d'Hatshepsout, Sénènmout : temple de Deir el-Bahari, conceptions innovantes, pouvoir.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Sénènmout naquit dans une famille non royale de condition modeste à Armant, une ville au sud de Thèbes. Son père Ramsès et sa mère Hatnéfer étaient des provinciaux ordinaires, pourtant leur fils allait s'élever pour devenir l'un des fonctionnaires les plus puissants de l'histoire égyptienne grâce à son talent et à la faveur royale.
Le jeune Sénènmout fut sélectionné pour une formation de scribe, apprenant à lire et écrire les hiéroglyphes et l'écriture hiératique. Cette éducation était la porte d'entrée vers le service gouvernemental et allait prouver être le fondement de son ascension fulgurante dans la bureaucratie égyptienne.
Sénènmout entra dans la maison royale comme fonctionnaire subalterne sous le règne de Thoutmosis Ier. Son intelligence et ses capacités administratives attirèrent rapidement l'attention. Il commença à accumuler titres et responsabilités qui finiraient par le rendre indispensable à la famille royale.
Pendant le bref règne de Thoutmosis II, Sénènmout continua à progresser dans l'administration. Il développa une relation étroite avec l'épouse principale du roi, Hatchepsout, qui reconnut ses capacités exceptionnelles. Cette connexion allait définir leurs deux destins.
Quand Thoutmosis II mourut, son jeune fils Thoutmosis III devint roi avec Hatchepsout comme régente. La position de Sénènmout se renforça considérablement tandis qu'Hatchepsout consolidait son pouvoir. Il devint son conseiller le plus fiable et son confident le plus proche lors de son ascension remarquable.
Sénènmout fut chargé de l'éducation de la fille d'Hatchepsout, la princesse Néférourê. Cette position intime au sein de la famille royale démontrait la confiance extraordinaire placée en lui. Des statues le montrent tenant tendrement la jeune princesse sur ses genoux.
Hatchepsout prit la décision sans précédent de se déclarer pharaon avec les titres royaux complets. Sénènmout orchestra une grande partie de la justification théologique de sa royauté et devint l'architecte de son ambitieux programme de construction pour légitimer son règne.
Hatchepsout éleva Sénènmout au rang de Grand Intendant d'Amon, lui donnant le contrôle des vastes richesses et domaines du dieu le plus puissant d'Égypte. Cette position en fit l'une des personnes les plus influentes du royaume, rivalisant avec le vizir en pouvoir pratique.
Sénènmout commença à concevoir et superviser la construction du temple funéraire d'Hatchepsout à Deir el-Bahari. Ce chef-d'œuvre architectural, avec ses terrasses à colonnades s'élevant contre les falaises, reste l'un des monuments les plus spectaculaires de l'Égypte ancienne et sa plus grande réalisation.
Sénènmout organisa l'un des plus grands exploits d'ingénierie de l'Égypte ancienne : l'extraction et le transport de deux obélisques massifs en granit d'Assouan à Karnak. L'achèvement réussi de ce projet, commémoré dans les reliefs du temple, démontra ses capacités organisationnelles exceptionnelles.
Au sommet de son pouvoir, Sénènmout détenait plus de quatre-vingts titres officiels couvrant les domaines religieux, administratifs et architecturaux. Il contrôlait les domaines royaux, les greniers, le bétail, les jardins et les ateliers. Aucun roturier dans l'histoire égyptienne ne s'était jamais élevé aussi haut.
Sénènmout fit enterrer ses parents Ramsès et Hatnéfer avec des honneurs exceptionnels près du temple d'Hatchepsout. Leurs biens funéraires, comprenant des linges fins et des bijoux, reflétaient le statut extraordinaire de leur fils et son attachement à ses humbles origines.
Sénènmout construisit sa première tombe (TT71) dans le cimetière des nobles à Cheikh Abd el-Gournah. Décorée de scènes de ses réalisations et de textes religieux, elle annonçait sa prééminence. De façon inhabituelle, il prépara aussi secrètement une seconde tombe plus ambitieuse.
La seconde tombe de Sénènmout (TT353), creusée directement sous le parvis du temple d'Hatchepsout, présentait le plus ancien plafond astronomique connu représentant étoiles, constellations et calendrier lunaire. Ce placement audacieux près de l'enceinte royale suggère un privilège ou une ambition extraordinaires.
De petites images de Sénènmout furent secrètement sculptées dans des endroits dissimulés du temple d'Hatchepsout, y compris derrière les portes. Cet acte sans précédent permettait à son image de recevoir des offrandes destinées aux dieux—un privilège réservé à la royauté suggérant soit une profonde dévotion soit une dangereuse présomption.
La princesse Néférourê, ancienne élève de Sénènmout, mourut ou disparut des archives vers cette époque. En tant que son précepteur et protecteur, cette perte put affecter la position de Sénènmout. Certains chercheurs supposent qu'elle était préparée pour succéder à Hatchepsout.
Sénènmout disparut soudainement des archives historiques avant la mort d'Hatchepsout. S'il mourut naturellement, tomba en disgrâce ou fut éliminé par des ennemis reste inconnu. Ses images furent défigurées en de nombreux endroits, bien qu'il soit débattu si ce fut de son vivant ou plus tard.
Hatchepsout mourut vers cette époque, et Thoutmosis III commença à effacer ses monuments. La tombe de Sénènmout ne fut jamais achevée, et il n'y fut probablement jamais enterré. Pourtant son chef-d'œuvre architectural à Deir el-Bahari survécut, assurant son héritage comme le plus grand roturier de l'Égypte ancienne.