En bref
Foi et raison se rencontrèrent : Aquin construisit un pont vers la vérité divine.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Thomas d'Aquin naquit dans la noble famille d'Aquino au château de Roccasecca près de Naples. Son père était le comte Landulf d'Aquino et sa mère Théodora était d'origine normande. Il était le plus jeune de plusieurs enfants dans cette maison aristocratique.
À cinq ans, Thomas fut envoyé à l'abbaye bénédictine du Mont-Cassin comme oblat. Sa famille espérait qu'il en deviendrait abbé. Il reçut sa première éducation en latin, grammaire, musique et études religieuses.
Après l'expulsion des moines du Mont-Cassin par l'empereur Frédéric II, Thomas s'inscrivit à l'Université de Naples. Il étudia les arts libéraux et découvrit la philosophie d'Aristote par ses professeurs.
Contre la volonté de sa famille, Thomas entra dans l'Ordre dominicain des frères mendiants. Les Dominicains étaient un nouvel ordre dédié à la prédication et à l'enseignement. Sa famille fut outrée par cette décision.
Les frères de Thomas l'enlevèrent pendant son voyage vers Paris et l'emprisonnèrent dans le château familial pendant plus d'un an. Ils tentèrent de le dissuader de rejoindre les Dominicains, envoyant même une prostituée pour le tenter. Thomas resta inébranlable.
Après sa libération, Thomas voyagea à Paris puis à Cologne pour étudier sous Albert le Grand, le principal érudit dominicain. Ses camarades l'appelaient 'le Bœuf muet' en raison de son attitude silencieuse, mais Albert prédit sa grandeur.
Thomas fut ordonné prêtre catholique, dédiant sa vie à l'Église. Il combinait ses recherches intellectuelles avec sa vocation sacerdotale. Sa prédication et son enseignement allaient devenir légendaires.
Thomas retourna à l'Université de Paris comme bachelier pour enseigner les Sentences de Pierre Lombard. C'était le programme théologique standard. Il commença à écrire ses premiers commentaires et traités.
Thomas reçut son doctorat en théologie et devint maître régent à l'Université de Paris. Malgré sa jeunesse et la controverse séculiers-mendiants, il obtint sa chaire aux côtés de Bonaventure.
Thomas retourna en Italie pour servir comme prédicateur général de son ordre et enseigner dans diverses écoles dominicaines. Il enseigna à Orvieto, Rome et Viterbe. Il commença à organiser ses principales œuvres théologiques.
Le pape Urbain IV nomma Thomas théologien pontifical, une position de grand honneur et responsabilité. Il composa la liturgie pour la fête du Corpus Christi à la demande du pape.
Thomas acheva la Somme contre les Gentils, une œuvre philosophique défendant le christianisme par la seule raison. Elle était destinée comme manuel pour les missionnaires auprès des musulmans et des juifs. Elle démontrait sa maîtrise de la philosophie aristotélicienne.
Thomas commença à écrire son chef-d'œuvre, la Somme théologique, une théologie systématique complète pour débutants. Elle deviendrait le texte théologique le plus influent du christianisme occidental. Il y travailla le reste de sa vie.
Thomas retourna à Paris pour combattre l'averroïsme et défendre la compatibilité de la foi et de la raison. Il s'engagea dans des débats passionnés avec les maîtres séculiers. Ses écrits polémiques de cette période furent influents.
Thomas fut envoyé à Naples pour établir un nouveau studium generale dominicain. Il continua à écrire la Somme théologique tout en enseignant. Sa santé commença à décliner après des années de travail intense.
Le 6 décembre 1273, Thomas eut une expérience mystique durant la messe qui le changea. Il cessa d'écrire, disant : 'Tout ce que j'ai écrit me semble de la paille comparé à ce qui m'a été révélé.' La Somme resta inachevée.
Le pape Grégoire X convoqua Thomas au Concile de Lyon pour aider à la réunification des Églises d'Orient et d'Occident. Thomas tomba malade pendant le voyage, se heurtant la tête contre un arbre tombé.
Thomas mourut à l'abbaye cistercienne de Fossanova le 7 mars 1274. Il reçut les derniers sacrements et aurait dit : 'Je Te reçois, prix de ma rédemption.' Il fut canonisé en 1323 et déclaré Docteur de l'Église.