En bref
"Reine de Neuf Jours" : adolescente regna brievement sur lAngleterre, puis perdit la tete.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Lady Jane Grey naquit à Bradgate Park du duc de Suffolk Henry Grey et de Lady Frances Brandon, petite-fille d'Henri VII. Par sa mère, Jane était arrière-petite-fille d'Henri VII et occupait une place dans la ligne de succession au trône d'Angleterre, une position qui allait façonner son destin tragique.
Jane commença son éducation à un âge inhabituellement jeune, apprenant à lire et écrire en anglais. Ses parents, désireux de la placer avantageusement à la cour, s'assurèrent qu'elle reçoive une formation digne d'une noble dame qui pourrait un jour être proche de la royauté.
Jane excellait dans ses études de latin, grec et hébreu sous la direction de ses précepteurs. Elle montra une aptitude exceptionnelle pour les langues et développa un profond amour de l'apprentissage qui la distinguait de la plupart des nobles femmes de son temps.
Le célèbre érudit Roger Ascham visita Bradgate et trouva la jeune Jane en train de lire le Phédon de Platon en grec pendant que sa famille chassait. Ascham fut émerveillé par son érudition et écrivit plus tard qu'elle préférait l'étude à tous les autres plaisirs.
Jane passa sous la tutelle de John Aylmer, un érudit formé à Cambridge et réformateur protestant. Sous sa direction, elle approfondit ses connaissances en théologie et littérature classique, devenant l'une des femmes les plus éduquées d'Angleterre.
Jane s'installa dans la maison de Catherine Parr, la reine douairière et veuve d'Henri VIII. Elle y poursuivit son éducation dans un environnement protestant sophistiqué et forma un lien étroit avec la reine intellectuellement brillante.
Catherine Parr mourut en couches, laissant Jane sans protectrice. Jane servit comme principale pleureuse aux funérailles de la reine, démontrant sa proximité avec la maison royale. Elle fut ensuite renvoyée chez ses parents.
Jane devint profondément dévouée au christianisme protestant réformé, étudiant les œuvres de Jean Calvin et correspondant avec des théologiens réformés. Sa foi fervente allait plus tard la soutenir durant son emprisonnement et faire d'elle une martyre protestante aux yeux de beaucoup.
John Dudley, duc de Northumberland, arrangea les fiançailles de Jane avec son fils Guildford Dudley dans le cadre de son complot pour contrôler la succession. Jane aurait résisté à cette union mais fut contrainte d'obéir par ses parents ambitieux.
Le 21 mai 1553, Jane épousa Lord Guildford Dudley lors d'une grande cérémonie à Durham House. Ce mariage faisait partie du plan du duc de Northumberland pour éloigner la couronne de la catholique Marie Tudor.
Le roi Édouard VI mourant, sous l'influence de Northumberland, signa un 'Dispositif pour la Succession' désignant Jane comme héritière, écartant ses demi-sœurs Marie et Élisabeth. Jane apprit cette désignation avec horreur plutôt que joie.
Le 10 juillet 1553, quatre jours après la mort d'Édouard VI, Jane fut proclamée Reine d'Angleterre à la Tour de Londres. Elle se serait évanouie en apprenant son élévation et accepta la couronne à contrecœur, reconnaissant le danger de sa position.
Le règne de Jane ne dura que neuf jours. Le soutien populaire se rallia à Marie Tudor, et le 19 juillet 1553, le Conseil privé changea d'allégeance pour Marie. Jane fut abandonnée par ses partisans et resta dans la Tour, désormais comme prisonnière plutôt que reine.
Jane et son mari Guildford furent emprisonnés à la Tour de Londres, accusés de haute trahison. Malgré son emprisonnement, Jane fut d'abord traitée relativement bien, autorisée à avoir des livres et une certaine liberté de mouvement dans la Tour.
Le 13 novembre 1553, Jane fut jugée au Guildhall et reconnue coupable de haute trahison. Elle plaida coupable, reconnaissant avoir illégalement accepté la couronne. La sentence était la mort, bien que Marie ait d'abord montré de la réticence à exécuter sa jeune cousine.
La reine Marie envoya son aumônier John Feckenham pour convertir Jane au catholicisme, promettant que sa vie pourrait être épargnée. Malgré de longs débats théologiques, Jane refusa fermement d'abandonner sa foi protestante, choisissant la mort plutôt que la conversion.
La rébellion protestante de Thomas Wyatt en février 1554 scella le destin de Jane. Bien qu'elle n'y ait pas participé, les conseillers de Marie la convainquirent que Jane restait un symbole dangereux pour les comploteurs protestants. Son exécution fut ordonnée.
Le 12 février 1554, Jane fut décapitée sur Tower Green, âgée de seulement seize ans. Elle mourut avec dignité et courage, pardonnant à son bourreau et récitant le Psaume 51 en prière. Ses derniers mots furent : 'Seigneur, je remets mon esprit entre tes mains.' Elle devint une martyre protestante, rappelée comme la 'Reine des Neuf Jours' et symbole de l'innocence prise dans les machinations politiques.