En bref
Chef métis charismatique qui défendit les droits des Prairies, joua un rôle fondateur dans la création du Manitoba et devint un martyr controversé après la rébellion et son procès.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Né de Louis Riel père et de Julie Lagimodière dans la colonie de la Rivière-Rouge, un centre de la Compagnie de la Baie d’Hudson. L’univers métis bilingue du commerce, du catholicisme et des droits fonciers façonna tôt son identité et sa pensée politique.
Il quitta la Rivière-Rouge pour étudier au Collège de Montréal auprès des Sulpiciens, y acquérant une solide rhétorique française et une formation religieuse. Ce départ l’exposa à la politique urbaine canadienne et affina son sentiment de différence culturelle.
Après la mort de Louis Riel père, ses études vacillèrent et son avenir devint incertain. Il passa d’un emploi à l’autre et reprit parfois la scolarité, tiraillé entre vocation, foi et responsabilités liées au statut de fils d’un leader métis.
Il séjourna aux États-Unis, notamment à Chicago, cherchant emploi et stabilité. Les contacts avec la politique républicaine et les migrations des régions frontalières élargirent sa conception de la nation et des droits des minorités.
Riel revint alors que le Canada négociait l’acquisition de la Terre de Rupert auprès de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Les levés topographiques et les changements administratifs menaçaient les terres en lots riverains des Métis, et des leaders locaux pressèrent une résistance coordonnée et des négociations.
Riel contribua à organiser le Comité national métis afin de défendre les titres fonciers et la représentation politique. Le groupe affronta les arpenteurs et exigea qu’Ottawa reconnaisse le consentement local avant d’imposer un nouveau gouvernement territorial.
Il prit le contrôle du Haut-Fort Garry pour empêcher l’entrée de William McDougall comme lieutenant-gouverneur. Depuis le fort, Riel réunit des délégués et proclama un gouvernement provisoire afin de négocier l’entrée du Manitoba au sein du Canada.
Pendant la crise de la Rivière-Rouge, l’orangiste Thomas Scott fut jugé par le gouvernement provisoire pour insubordination et menaces. Son exécution enflamma l’opinion en Ontario, durcit la politique anti-Riel et pesa sur les négociations avec Ottawa.
Les délégués de Riel obtinrent des conditions qui aidèrent à faire adopter la Loi sur le Manitoba, créant une nouvelle province dans la Confédération. Les promesses incluaient une représentation législative, des protections linguistiques et des dispositions foncières destinées à protéger les familles métisses.
Après l’arrivée du colonel Garnet Wolseley avec des forces fédérales, Riel craignit des représailles de soldats et d’adversaires locaux. Il se réfugia de l’autre côté de la frontière, tandis que la violence et l’intimidation poussaient de nombreux Métis à quitter leurs terres.
Il fut élu à la Chambre des communes pour Provencher, signe d’un fort soutien métis malgré l’hostilité ailleurs. La menace d’arrestation et la pression politique l’empêchèrent d’occuper légalement et en sécurité son siège à Ottawa.
Aux prises avec de fortes visions religieuses et un stress intense, il fut interné pour traitement dans des institutions du Québec. Médecins et membres du clergé discutèrent de son état, tandis que ses partisans craignaient que ses ennemis politiques n’exploitent sa vulnérabilité.
Après sa libération, il vécut surtout aux États-Unis afin d’éviter l’arrestation et la violence au Canada. Il subsista grâce à des emplois occasionnels tout en réfléchissant au déplacement des Métis et aux promesses non tenues de la Confédération.
Riel enseigna et mena une vie discrète parmi des catholiques francophones de l’Ouest américain. Cette routine lui apporta une certaine stabilité, mais il continua de correspondre au sujet des griefs des Prairies et de l’érosion de la sécurité foncière des Métis au Canada.
Il épousa Marguerite Monet dite Bellehumeur, constituant un foyer durant ses années au Montana. Les responsabilités familiales renforcèrent son désir de sécurité, alors même que les appels politiques du Nord-Ouest canadien refaisaient surface.
Des leaders métis l’invitèrent à Batoche pour faire pression sur Ottawa au sujet des titres fonciers, du gouvernement local et des secours en période de difficultés. Il aida à rédiger des pétitions et chercha des pourparlers avec le gouvernement du premier ministre John A. Macdonald, alors que les tensions s’aggravaient.
Le conflit armé éclata après la frustration liée aux pétitions ignorées et au resserrement du contrôle fédéral dans le Nord-Ouest. Après des affrontements comme Duck Lake et la bataille décisive de Batoche, Riel se rendit alors que les forces canadiennes l’emportaient.
À Regina, les procureurs l’accusèrent de haute trahison en vertu du droit canadien, et ses avocats débattirent d’une défense fondée sur l’aliénation mentale, qu’il refusa. Le jury recommanda la clémence, mais le juge Hugh Richardson prononça la peine de mort obligatoire.
Malgré des pétitions et une controverse nationale, le gouvernement fédéral refusa la commutation et Riel fut pendu. Sa mort accentua les divisions politiques entre francophones et anglophones et fit de lui un symbole durable des droits et de la résistance des Métis.
