En bref
Cranmer : architecte de la Réforme anglaise, auteur du Book of Common Prayer, brûlé pour sa foi.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Thomas Cranmer naquit dans une famille de petite noblesse du village d'Aslockton. Son père était un écuyer campagnard qui assura une bonne éducation à ses fils. Le jeune Thomas était calme et studieux, montrant les premiers signes du tempérament savant qui définirait sa carrière.
Cranmer entra au Jesus College, Cambridge, commençant des études qui dureraient plus d'une décennie. Il montra un talent pour les langues et la théologie, bien qu'il progressa lentement dans le système académique, prenant huit ans pour obtenir sa licence.
Après avoir obtenu son diplôme, Cranmer fut élu fellow du Jesus College. Ce poste exigeait le célibat, lui fournissant sécurité financière et l'opportunité de poursuivre ses études théologiques. Il s'immergea dans l'étude de l'Écriture et des Pères de l'Église.
Cranmer épousa une femme connue sous le nom de 'Black Joan', perdant son fellowship par la même occasion. Quand elle mourut en couches peu après, il fut réadmis à son fellowship. Ce bref mariage lui donna une sympathie inhabituelle pour le clergé marié, une question qu'il défendrait plus tard.
Cranmer fut ordonné prêtre, marquant son entrée formelle dans l'Église. Il poursuivit sa carrière académique à Cambridge tout en servant comme examinateur en théologie. Sa réputation d'érudition et de jugement prudent commença à grandir.
Après des années d'études, Cranmer reçut son doctorat en théologie. Il devint l'un des principaux théologiens de Cambridge, connu pour son expertise en écriture et patristique. Il absorbait discrètement les idées réformistes qui se répandaient dans l'université.
Lors d'une rencontre fortuite à Waltham, Cranmer suggéra à Henri VIII de solliciter l'avis des universités européennes sur son divorce avec Catherine d'Aragon. Cette idée attira l'attention du roi, et Cranmer fut rapidement entraîné au service royal, commençant son ascension au pouvoir.
Cranmer fut envoyé à Rome pour plaider la cause du divorce d'Henri, puis en Allemagne où il rencontra des réformateurs luthériens et étudia leur théologie. Ces expériences approfondirent ses convictions protestantes et lui présentèrent Margaret, qui deviendrait sa femme secrète.
En Allemagne, Cranmer épousa secrètement Margaret, nièce du réformateur Andreas Osiander—un acte scandaleux pour un prêtre. Il fut ensuite rappelé en Angleterre et nommé archevêque de Canterbury, la plus haute position ecclésiastique en Angleterre.
En tant qu'archevêque, Cranmer déclara nul le mariage d'Henri avec Catherine d'Aragon et valida son mariage secret avec Anne Boleyn. Il couronna ensuite Anne comme reine. Ces actes firent de lui l'instrument de la rupture de l'Angleterre avec Rome et lièrent son destin à la dynastie Tudor.
Cranmer soutint fortement l'Acte de Suprématie, qui déclarait Henri VIII chef suprême de l'Église d'Angleterre. Cela formalisa la rupture avec Rome et établit la Réforme anglaise. Cranmer commença prudemment à introduire des réformes protestantes.
Quand Anne Boleyn tomba en disgrâce, Cranmer fut contraint d'annuler son mariage avec Henri quelques jours avant son exécution. Bien que personnellement affligé, il se soumit à la volonté royale. Il rendrait des services similaires pour les mariages ultérieurs du roi.
Cranmer supervisa la publication de la Grande Bible, la première traduction anglaise autorisée de la Bible. Sa préface exhortait tous les Anglais à lire les Écritures. Malgré la réaction conservatrice sous les Six Articles, il continua à travailler pour la réforme religieuse.
Sous le jeune roi Édouard VI, Cranmer publia le premier Livre de la prière commune, établissant un culte protestant uniforme en anglais dans toute l'Angleterre. Sa prose élégante créa une liturgie d'une beauté durable qui allait façonner le christianisme anglophone pendant des siècles.
Cranmer publia un deuxième Livre de prière plus complètement protestant, supprimant les éléments catholiques restants. Il rédigea également les Quarante-deux Articles définissant la doctrine de l'Église d'Angleterre. Ces œuvres représentaient l'aboutissement de sa vision réformatrice.
Quand la catholique Marie Ire devint reine, Cranmer fut arrêté pour trahison et hérésie. Contrairement à certains réformateurs qui s'enfuirent à l'étranger, il resta en Angleterre, peut-être espérant défendre ses réformes ou croyant que la fuite serait déshonorante. Son long emprisonnement commença.
Après avoir assisté au bûcher de ses amis Latimer et Ridley, Cranmer signa plusieurs rétractations renonçant au protestantisme, espérant sauver sa vie. Ces rétractations le couvrirent de honte. Les autorités décidèrent de le brûler quand même, malgré ses soumissions.
Lors de son exécution, Cranmer retira dramatiquement ses rétractations, déclarant que sa main droite qui les avait signées brûlerait la première. Il la plongea dans les flammes et mourut avec courage, criant 'Seigneur Jésus, reçois mon esprit.' Son martyre devint central dans la mémoire protestante.