En bref
« Prince des humanistes ». Sema les graines de la Reforme.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Desiderius Erasmus est né fils illégitime d'un prêtre et de la fille d'un médecin à Rotterdam. Malgré les circonstances de sa naissance, il devint le savant le plus célèbre d'Europe.
Érasme fréquenta l'école du chapitre de Deventer dirigée par les Frères de la Vie Commune. Il y reçut une excellente éducation en latin et fut exposé à la devotio moderna, un mouvement de réforme mettant l'accent sur la piété personnelle.
Les deux parents d'Érasme moururent lors d'une épidémie de peste, le laissant orphelin. Ses tuteurs le poussèrent vers la vie monastique, bien qu'il eût peu de vocation pour celle-ci.
Érasme entra au monastère augustinien de Steyn, où il prononça ses vœux en 1488. Il décrivit plus tard ces années comme perdues, mais il eut accès à des textes classiques et développa son style latin.
Érasme fut ordonné prêtre catholique. Il devint rapidement secrétaire de l'évêque de Cambrai, obtenant la permission de quitter le monastère pour poursuivre ses intérêts savants.
Érasme étudia la théologie au Collège de Montaigu à Paris. Il trouva la théologie scolastique fastidieuse et les conditions de vie dures, mais établit des contacts avec des savants humanistes.
Érasme fit sa première visite en Angleterre, rencontrant Thomas More et John Colet. Les conférences de Colet sur saint Paul inspirèrent Érasme à appliquer les méthodes humanistes à l'érudition biblique.
Érasme publia la première édition de ses 'Adages', un recueil de proverbes grecs et latins avec commentaires. Le livre connut un immense succès et établit sa réputation dans toute l'Europe.
Érasme découvrit les notes de Lorenzo Valla sur le Nouveau Testament, confirmant sa conviction que la critique textuelle humaniste pouvait améliorer la compréhension biblique et corriger les erreurs.
Pendant son séjour chez Thomas More, Érasme écrivit 'L'Éloge de la Folie' (Moriae Encomium), une œuvre satirique se moquant de la superstition, de la corruption cléricale et de la prétention scolastique. Elle devint l'un des livres les plus influents de la Renaissance.
Érasme publia son édition révolutionnaire du Nouveau Testament grec avec une nouvelle traduction latine. Cette œuvre, exposant les erreurs de la Vulgate, devint essentielle pour les réformateurs protestants et catholiques.
Martin Luther afficha ses Quatre-vingt-quinze thèses, débutant la Réforme protestante. Beaucoup supposèrent qu'Érasme soutenait Luther, disant 'Érasme a pondu l'œuf que Luther a couvé', mais Érasme cherchait la réforme au sein de l'Église.
Érasme rompit publiquement avec Luther en écrivant 'Sur le libre arbitre', défendant la liberté humaine contre le déterminisme de Luther. Luther répondit durement, et Érasme se retrouva pris entre les factions catholiques et protestantes.
Lorsque Bâle adopta officiellement la Réforme, Érasme déménagea à Fribourg catholique. Il refusa de rejoindre l'un ou l'autre camp, maintenant son engagement envers l'unité et la réforme par l'éducation.
Érasme mourut à Bâle, y étant retourné malgré son gouvernement protestant. Il ne reçut jamais les derniers sacrements, et ses derniers mots furent 'Cher Dieu'. Ses œuvres furent plus tard placées à l'Index catholique des livres interdits.