En bref
Stratège révolutionnaire qui a fusionné la théorie marxiste avec une organisation implacable, remodelant la politique russe et l’idéologie mondiale du XXe siècle.
Sujets de conversation
Parcours de vie
Né Vladimir Ilitch Oulianov à Simbirsk, sur la Volga, dans l’Empire russe. Son père, Ilia Oulianov, travaillait dans l’administration impériale de l’éducation, et sa mère, Maria Blank, mettait l’accent sur les langues et l’étude.
Son frère aîné, Alexandre Oulianov, est pendu pour sa participation à une conspiration visant à assassiner le tsar Alexandre III. L’exécution bouleverse la famille à Simbirsk et renforce l’hostilité de Lénine envers l’autocratie et la répression politique.
Il entre à l’université impériale de Kazan pour y étudier le droit, mais est exclu après avoir participé à des protestations étudiantes. Placé sous surveillance policière à Kazan, il se plonge dans la littérature radicale et s’oriente progressivement vers le marxisme.
Il réussit des examens externes à l’université de Saint-Pétersbourg et obtient un diplôme de droit sans suivre un cursus régulier. Après un bref passage dans la pratique juridique, il étudie l’économie politique et tisse des liens avec les premiers cercles marxistes russes.
Il contribue à fonder l’Union de lutte pour l’émancipation de la classe ouvrière, reliant des agitateurs aux ouvriers d’usine. La police tsariste l’arrête à Saint-Pétersbourg, ouvrant une période d’emprisonnement puis de long exil pour son militantisme.
Après la prison, il est envoyé en exil à Chouchenskoïe, dans le district de Minusinsk, sous surveillance impériale. Malgré la censure et l’isolement, il écrit abondamment, élabore sa stratégie politique et correspond avec des militants à travers la Russie.
Il épouse la révolutionnaire Nadejda Kroupskaïa, qui le rejoint en exil sibérien. Leur partenariat associe engagement personnel et collaboration pratique, notamment l’édition de textes, la correspondance et le maintien d’efforts d’organisation clandestine.
À la fin de son exil, il parcourt l’Europe pour bâtir un centre d’émigration des sociaux-démocrates russes. Avec des figures comme Gueorgui Plekhanov et Julius Martov, il lance Iskra afin d’unifier les cadres et de contrer la fragmentation causée par la police.
Il publie Que faire ?, soutenant que la conscience révolutionnaire exige une organisation disciplinée de militants professionnels. Le pamphlet influence les débats au sein du Parti ouvrier social-démocrate de Russie et accentue les lignes de fracture entre factions.
Au deuxième congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, les querelles sur l’adhésion et la direction provoquent une scission durable. Les partisans de Lénine prennent le nom de bolcheviks, tandis que la faction de Martov devient les mencheviks.
Il rentre en Russie pendant la Révolution de 1905 et cherche à accroître l’influence bolchevique dans la politique de masse. Des événements comme le Dimanche rouge et les grèves dans les grandes villes le convainquent que les conseils ouvriers peuvent devenir un instrument de pouvoir.
Après l’écrasement de l’activité révolutionnaire par le régime tsariste, il opère de nouveau largement depuis l’étranger. En exil européen, il réorganise les réseaux bolcheviques, collecte des fonds et débat des tactiques, tandis qu’en Russie les arrestations et les informateurs se multiplient.
Alors que l’Europe est en guerre, il affirme que le conflit est impérialiste et doit être combattu par les socialistes. Depuis la Suisse neutre, il appelle à transformer la guerre en crise révolutionnaire, séparant les bolcheviks des socialistes favorables à la guerre.
Après la Révolution de Février qui renverse Nicolas II, il rentre par un train plombé organisé via l’Allemagne. À Pétrograd, il proclame les Thèses d’avril — « Paix, terre, pain » et « Tout le pouvoir aux soviets » — contre le Gouvernement provisoire.
Les forces bolcheviques et des soviets alliés renversent le Gouvernement provisoire lors de la Révolution d’Octobre. Lénine pousse le Comité central vers l’insurrection, puis devient la figure dominante des premiers décrets du nouveau gouvernement soviétique.
Il insiste pour accepter des conditions très dures afin de mettre fin à la participation de la Russie à la Première Guerre mondiale et d’assurer la survie des bolcheviks. Le traité de Brest-Litovsk cède de vastes territoires à l’Allemagne, alimentant une opposition féroce et intensifiant les conflits internes.
Il est gravement blessé par balles à la sortie d’une réunion, lors d’une attaque attribuée à la socialiste-révolutionnaire Fanny Kaplan. L’épisode entraîne un durcissement des mesures de sécurité d’État, tandis que la Tchéka multiplie les arrestations au début de la Terreur rouge.
Après le communisme de guerre et une agitation généralisée, notamment la révolte de Kronstadt, il soutient la Nouvelle Politique Économique. La NEP rétablit des marchés limités et de petites entreprises privées, tandis que l’État conserve le contrôle de l’industrie lourde et des finances.
L’Union des républiques socialistes soviétiques est créée, officialisant la structure fédérale du nouvel État. Cette année-là, il subit des accidents vasculaires cérébraux qui réduisent sa capacité à gouverner, tandis que les luttes de pouvoir s’intensifient autour de Joseph Staline et d’autres dirigeants.
Il meurt après une longue maladie au domaine de Gorki, près de Moscou, mettant fin à une carrière révolutionnaire tourmentée. Les autorités soviétiques organisent un deuil public massif et son corps est embaumé, contribuant à un culte mémoriel durable.
